MUSE – le nouveau film de Jaume Balaguero

A peine [REC]4 en salle (en Espagne) que Filmax communique déjà sur le prochain film de Jaume Balaguero.
C’est lors de l’Amercan Market Film qu’une première affiche promotionnelle de MUSE a été dévoilée. Il s’agit du second film du réalisateur espagnol réalisé en anglais après Darkness en 2002.

imagen-1Dans ce thriller fantastique, Salomon, un homme mis en congé après la mort tragique de sa petite amie, réintègre son emploi d’agent de police tout en essayant de reprendre le cours normal de son existence. Cependant, pendant plusieurs mois, le sommeil de Salomon est perturbé par un cauchemar récurrent dans lequel une femme est sauvagement assassinée.

Pas de casting, pas de date de sortie, pour le moment le film est à la vente sur le marché international du film professionnel. Nous aurons sans doute plus d’informations dans les mois à venir.

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Jaume Balaguero s’eclate !!

Hier, sur son Twitter, Jaume Balaguero s’est éclaté en publiant des photos promo de [REC], à plusieurs tweets il a opposé des personnages du film dans une sorte de Street Fighter… voilà ce que ça donnait : (on commence par le bas…)

Jaume Balaguero et Placo Plaza, interview de 2010

L’autre jour, j’ai téléchar… enfin regardé un documentaire sur la nouvelle vague de réalisateur de film d’horreur qui ont redonné ces lettres de noblesse dans les années 2000, à un genre tombé en désuétude dans les années 80-90. Ce docu : « Cinémas D’horreur – Apocalypse, Virus, Zombies » date de 2010 et a été diffusé sur ARTE. Après un entretien avec Alexandre Aja sur qu’est-ce que le film d’horreur, en évoquant avec lui son remake de « La colline a des yeux », puis avec Eli Roth de « Massacre à la tronçonneuse » et le renouveau américain. Le documentaire s’intéresse à l’Europe et notamment à l’Espagne, en compagnie de Jaume Balaguero et Paco Plaza qui évoquent REC 1 et 2… Avant de conclure sur la nouvelle vague britannique avec Neil Marshall à propos de The Descent.

J’ai trouvé l’interview de Balaguero et Plaza vraiment très intéressante et très éclairante sur leur volonté quant à leur film et à leur production. Le documentaire les ramène sur le lieu de tournage du film, dans un immeuble abandonné du centre de Barcelone.

« […] L’horreur n’existe pas qu’en Amérique. Depuis quelques années, le virus de l’horreur se répand un peu partout. En Asie, notamment, avec des phénomènes populaires comme « The Ring » ou « Dark Water ». Mais la contamination touche également l’Europe, à commencer par l’Espagne.

Il y a d’abord eu la création de festivals de films fantastiques, comme San Sebastian ou Sitges, qui ont fédéré une nouvelle cinéphilie… Il y a eu ensuite les plus grands succès publics comme « L’Echine du Diable » de Guillermo Del Toro, « l’Orphelina » de Juan Antonio Bayona ou encore « Les Autres » d’Alejandro Amenabar et puis l’apparition de nouveaux cinéastes, encore peu connus mais très prometteurs comme Jaume Collet-Serra, Paco Cabezas ou Nacho Cerda. Mais les films d’horreur qui ont affolé le box-office espagnol sont [REC] et [REC]2 réalisés par Jaume Balaguero et Paco Plaza avec ce principe simple, un reportage télé dégénère en direct en film de zombies.

L’immeuble où a été tourné REC, est un immeuble en plein centre de Barcelone, vide, inhabité, abandonné… ou presque. »

Jaume Balaguero : « On a l’impression de revenir en arrière »
Paco Plaza : « Un impression de déjà vu, oui »
JB : « Il reste des traces de sang, tu vois ? »
PP : « On leur a surement dit que tout serait remis en état »
JB : « Et on ne l’a pas fait »
PP : « Non » (rire)

PP : « Notre intention était de raconter une histoire qui paraisse la plus crédible possible. Notre idée était de prendre pour point de départ un reporter d’une de ces émissions de télé-réalité qui pullulent en Espagne. Un reporter qui se rend quelque part avec une caméra et qui explique ce qu’il voit. Nous voulions voir ce qu’il se passerait si ce style de caméra que le spectateur associe à la réalité, au langage du documentaire télé, si ce mode de narration était appliqué à une histoire de pure fiction, comme dans ce film de zombie, entre guillemets, car à première vue on dirait qu’il s’agit de zombies. »

JB : « C’est le fil que nous avons toujours suivi, la crédibilité, la réalité. Tout devait être reconnaissable, et tout devait sembler vrai. On ne s’intéressait pas particulièrement aux caractéristiques du genre. On ne recherchait pas une ambiance, une atmosphère noire et terrifiante. Parce que le plus important dans ce film, c’est la sensation de proximité. Que tout soit crédible et que le spectateur ait l’impression que ce qui se passe, se passe à côté de chez lui, chez ses voisins.
On a aussi été très motivés par une idée qui nous semblait passionnante et en même temps un peu compliquée. L’idée de tourner en temps réel. Ça ne s’était encore fait dans aucun film de ce genre. On voulait raconter cette histoire comme si elle se déroulait au moment où le spectateur la voyait, en direct, sans aucune ellipse, sans aucune coupure. On voulait laisser de côté le concept de « ça c’est une vidéo, qu’on a retrouvé et qu’on a montée pour essayer de comprendre ce qui a pu se passer », non, ce qui arrive se produit au moment où on le voit. Respecter ce temps réel était un défi technique… artistique. Un défi à tous les niveaux. Mais je crois que c’est le grand apport de ce film.
Les acteurs ne savaient pas toujours ce qui allait arriver. Il fallait intégrer au film les accidents qui pouvaient se produire sur le tournage.
Normalement, dans un film, quand on tourne un plan, et que soudain un acteur fait tomber un vase par exemple, on coupe. On dit « il y a un vase qui est tombé, on le remet en place et on recommence ». Mais ici non, si un vase tombait, les acteurs devaient se débrouiller avec comme-ci ça faisait partie de l’histoire, comme dans la vie réelle. C’est encore cette recherche d’un réalisme pratiquement pur. Du coup c’est vrai que le tournage a été un peu ouvert à tout ce qui arrivait. »

PP : « Evidemment, on s’est inspiré beaucoup inspiré de principe du jeu vidéo, aussi bien pour REC 1 que pour REC 2. Surtout, on joue dans une structure à niveaux. Les protagonistes traversent des étapes successives. Ils trouvent les objets qui vont les aider à passer à l’étape suivante. En ce sens, la structure est très similaire à celle d’un jeux-vidéo. Ce que nous voulions avant tout, c’était que le spectateur fasse une expérience semblable à celle que l’on fait avec le jeu. »

JB : « Je suis convaincu qu’il faut absolument explorer de nouveaux formats. Le paysage audiovisuel contemporain est un paysage complexe et très changeant. Je crois que les spectateurs commencent à y jouer un rôle bien plus important que celui qu’ils avaient auparavant. Ils ne sont plus uniquement spectateurs. Ils ont commencé à découvrir qu’ils ont la possibilité d’interagir, qu’ils peuvent enregistrer, créer leur propre film, leur propre produit, et les diffuser sur internet. Ce phénomène fait d’eux des éléments fondamentaux de l’univers audiovisuel.

Ça c’est le dos de la sculpture qui donne sur la rue, et qui représente, attention… on a découvert ça pendant le tournage de REC 2, on ne savait pas pour REC 1. Cette sculpture représente une femme attaquée par des démons. Et ça on ne le savait pas, on l’a appris pendant le tournage de REC 2. »

79063249PP : « Je crois que l’ambition de n’importe quel réalisateur, c’est d’émouvoir. Il y a beaucoup de manière d’émouvoir ou de toucher les gens. Le pire des cauchemars, c’est certainement de susciter l’indifférence. Moi, j’aime penser que le travail que j’espère faire toute ma vie, c’est-à-dire réaliser des films, peut servir à faire naitre des émotions chez les gens. La peur, le rire, un bouleversement… d’une façon ou d’une autre. Voilà ma petite contribution. »

JB : « il n’y a rien à ajouter. Je résumerai juste en disant, provoquer n’importe quoi sauf le sommeil au fond, et c’est tout. »

« A la fin des années 2000, [REC] arrive donc à point nommé pour affirmer qu’on ne peut plus vraiment faire des films d’horreur comme avant. Le statut de l’image a changé, les médias ont évolué, la forme du cinéma d’horreur aussi.

D’autres films ont récemment intégrés les médias dans leur fiction, comme Cloverfield, District 9, ou Diary of the Dead. On ne compte plus le nombre de film d’horreur avec un personnage l’œil vissé à la caméra, avec des images vidéos tremblotantes, des journaux télévisés pris d’assaut, des personnages vus en infrarouge, interférences, virus informatique, images littéralement dévorées de l’intérieur.

L’image est devenue un personnage du film d’horreur et peut-être le principal. »

Summer Camp : l’affiche et quelques mots.

Mise à jour : Bon et bien finalement il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que Jaume Balaguero (et Julio Fernandez) nous parlent de son nouveau bébé Summer Camp…
Ils n’en seront que les producteurs, mais le réalisateur étant inconnu (il s’agira pour lui de son premier film) ce sont eux qui, déjà bien connus aux US pour les [REC], se chargent de la promotion au marché du film américain.

Voici les quelques mots de Jaume Balaguero concernant le film : « il s’agit d’un jeu commun à la majorité des enfants du monde entier, à la fois dans et hors des camps de vacances… Le plaisir de ce jeu est que les rôles en sont en constante évolution… Le poursuivant devient le poursuivie, le chien devient la souris. Nous voulons capturer cette idée et l’inclure dans un film d’horreur gonflé à l’adrénaline… Un film dans lequel vous n’êtes jamais sûr de qui sont vos amis ou vos ennemis, un jeu dont vous ne souhaiteriez jamais faire parti et dans lequel, parfois, la seule façon de s’échapper est d’attaquer… »

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La semaine prochaine, Filmax va révélé sa liste de films destinés au marché du film Americain et, en plus de [REC] Apocalypse, va présenter un nouveau projet horreur/Thriller, actuellement en développement : Summer Camp.

Les détails de l’intrigue sont aujourd’hui encore gardés secrets, mais un teaser promo ainsi que quelques informations seront révélées lors de ce rendez-vous…

Alberto Marini, déjà connu pour le script de « Malveillance », fera ses grands débuts de réalisateur et en sera également co-scénariste. Jaume Balaguero, lui, en sera producteur. Bref, une affaire à suivre…

Plus d’info la semaines prochaine donc….

Paco Plaza parle de [REC] 3 et 4

Pour la sortie de [REC]3 en VOD au USA, Paco Plaza donne quelques interviews à droite à gauche. Je ne vais pas toutes les publier, mais celle-ci me semble intéressante dans le sens où Plaza défend le parti prit de son film et donne quelques informations sur [REC] 4 Apocalypse (que je souligne dans l’interview)

Ce film est diffèrent par rapport aux deux premiers, quel était votre but ?

Je pense que nous voulions apporter un vent d’air frais. Pas seulement pour nous en tant que réalisateurs, mais aussi pour les spectateurs. Nous ne voulions pas répéter le passer encore une fois. Ne pas refaire le même film encore et encore. Je pense que c’est plus intéressant de rester chez soi et regarder le DVD. Nous voulions faire quelque chose de différent, inattendu et surprenant. Pas ce que vous aviez à l’esprit. Je pense que trop souvent les gens sont allés au cinéma pour se confirmer que le film était bien ce qu’ils avaient vu dans la bande-annonce. Il y a plein d’information que vous pouvez trouver en ligne sur n’importe quel film. Mais aller au cinéma et être surpris est aujourd’hui un véritable défi. Offrir un film, membre de la famille [REC], tourné différemment, avec beaucoup d’humour et du romantique était intéressant.

Vous avez créé ces deux personnages, Koldo et Clara, que vous voulez vraiment voir réunis. Pouvez-vous nous parler un peu de la création de leur alchimie ?

Ce n’est pas quelque chose que nous avions calculé au départ, mais nous sommes tombés amoureux de ces personnages et nous voulions les voir réussir et survivre. C’est impossible de ne pas vouloir les voir survivre. Pour nous il était important de créer ces personnages qui dépeignent bonté et humour, et que l’on veut voir ensemble.

A environ 25 minutes du minutes du film, vous laissé tomber la camera POV et le film n’est alors plus un film de found footage.  Est-ce un vrai renoncement ?

Je ne voulais pas y renoncer. Je pense qu’il y a eu de très bon film de found-footage par le passé. Paranormal Activity 3 est un film amusant. Ce n’est pas comme si je disais « le found-footage c’est terminé ». C’est dans cette esprit de vouloir surprendre les spectateurs et délivrer quelque chose de différent. Nous avons deux films dans lesquels des personnages disent : « Nous devons tout enregistrer, les gens doivent savoir la vérité ». Et pour nous, c’était cool d’avoir un personnage du film qui dise « c’est des conneries » et détruise la caméra. Ça donne plus de liberté. Nous avons aimé ça, mais ce n’était pas quelque chose qui venait de l’extérieur, comme une rébellion, une mutinerie de personnage. Et j’aime ça. C’est la volonté d’outrepasser les règles. J’aime ça.

[REC] Apocalypse va arriver, cette fois-ci vous produisez mais ne réalisez pas. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Je ne peux pas entrer dans les détails. Je ne veux pas tout gâcher. Il est vrai qu’il débute tout juste après [REC] 2 et qu’il sera filmé traditionnellement. Ce ne sera pas un found-footage, c’est un cinéma narratif, un film conventionnel.  Je ne veux pas avoir de problème avec Jaume [Balaguero, le réalisateur], je ne veux pas en dire davantage.

Vous avez cette put*** d’héroïne dans [REC]3, et il y a des moments cultes, des put**** de scènes avec une tronçonneuse. J’y ai vu Kill Bill rencontrant Oldboy là-dedans.

C’est vraiment sympa ce que tu dis là. Je l’utiliserais dans d’autres interviews, j’en suis certain. Kill Bill rencontrant Oldboy. J’aime ça ! Il n’y a rien de plus dangereux qu’une femme dont le mariage est gâché. C’est véritablement une bête déchaînée. C’était vraiment intéressant de prendre cette icône de la beauté et de la pureté qu’est une femme, de l’éclabousser de sang et de lui donner une tronçonneuse en lui disant « OK, va tuer quelques zombies ». C’était contraire à cette iconographie du mariage et c’était vraiment irrésistible pour moi.